Le dilemme des Malagasy à l’étranger : rapatriement ou dé-confinement sur place

«Le monde entier mène une lutte contre le coronavirus et surtout l’expansion de cette crise COVID. La diaspora Malagasy à travers le monde n’est pas non plus épargnée et fait face actuellement au dilemme : opter pour un rapatriement ou un dé-confinement sur place. Que faire ? »

Depuis l’expansion de l’ampleur de cette crise sanitaire qui a débuté en Chine et devenue mondiale, nous avons été tous témoins d’un monde en pause sans plus aucunes échanges ni circulation comme nous avons l’habitude de voir dans la progression de notre ère dans la mondialisation. La diaspora est un des fruits de la mondialisation dont plusieurs personnes ont pris goût à la liberté de circuler à travers les frontières mais le coronavirus a ainsi empêché pour une durée encore difficile à définir pour le moment. La mise en quarantaine (self isolation, lockdown) est devenue une expression assez familière dans la société dont plusieurs personnes ne savaient pas du tout sa signification bien avant cette crise en théorie ou en pratique.

Par contre, plusieurs pays sont présentement dans la phase de dé-confinement partiel ou total. Tant que les frontières sont encore fermées (de manière flexible ou stricte), la gestion de cette crise change vraiment la tendance du quotidien de chacun d’entre nous : un étudiant, un fonctionnaire, un travailleur ou employé, un agriculteur, … un expatrié ou un étudiant international. Ces derniers font principalement partie de la diaspora, ils s’interrogent surement sur la suite des évènements et puis quelle décision prendre pour mener de nouveau une vie normale (cela ne veut absolument pas dire qu’actuellement leur vie n’est pas normale mais juste que celle-ci prend une tournure assez particulière dont chacun doit s’y adapter.)

 

Si je rentre chez moi :

  • Retrouver ma famille mais pas avant une mise en quarantaine de 14 jours minimum ;
  • Près de mes proches avec un soutien psychologique surtout ce dont on a tous besoin sauf que chacun présente différents niveaux de besoin par rapport à celui-ci ;
  • Même si je souffre, je serai près de ma famille ;
  • Ceux qui étaient en déplacement professionnels mais sont coincés quelque part suite à cette crise, ils peuvent retournez chez-soi effectivement dans le vrai sens du terme ;
  • Pendant le trajet (même avec un vol direct Paris-Tana par exemple), les risques d’être contaminé par le virus sont beaucoup plus élevés tout comme dans les aéroports, l’existence des porteurs sains, les contrôles sanitaires non fiables…
  • La réouverture des frontières après cette crise reste très floue pour l’instant surtout en parlant de l’Europe. Nous avons donc deux scénarios : soit les portes seront ouvertes avec plusieurs nouvelles opportunités ou soit les restrictions seront beaucoup plus strictes qu’auparavant justifiés par divers raisons (comme une politique nationaliste et protectionniste, des excuses à la Trump : « America first » pour redémarrer l’économie …)

Si je reste là où je suis :

  • S’adapter à tous les mesures de dé-confinement adoptées par le pays de résidence et dès que la situation sera plutôt stable, je peux reprendre dans l’immédiat les activités du quotidien tant que je suis resté sur place (mais surement il ne faut pas espérer autant car il aura besoin beaucoup plus de temps pour que la situation redevient réellement comme avant) ;
  • Survivre surtout avec les moyens de subsistance disponibles et potentiels dans les jours à venir en dépit de la dégradation de la situation surtout économique (je parle pour ceux qui ont perdu leur source de revenue ou une partie de celle-ci, l’inflation qui est plutôt néfaste pour notre budget habituel) ;
  • Vivre avec les aides sociaux et soutien financier (si on en reçoit, mais pratiquement non) proposés par le gouvernement du pays de résidence, ou par le gouvernement Malagasy (d’ailleurs le Ministre des affaires étrangères Malagasy en a parlé lors d’un interview sur KOLO Tv le 12 Mai 2020) ;
  • Je ne risque pas mon séjour en tant que résident temporaire, surtout s’il arrive qu’une éventuelle complication des procédures de demande de visa (fort probable) ;

 

La situation se présente ainsi difficile pour tout le monde soit à l’étranger soit à Madagascar, et il en est de même pour choisir entre le rapatriement ou de rester à l’étranger. Le choix est aussi compliqué puisque jusqu’à présent il n’y a pas une dérogation spéciale pour le rapatriement.

Prenez tous soin de vous tout en espérant que la crise prendra fin très bientôt.

Mihaja RASOANAIVO

Raha hizara hevitra

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