13 choses que vous ne saviez pas sur l’ancien Président Albert Zafy

Rien ne le prédestinait à être Président de la République. Rien ne le prédestinait même à être le professeur qu’il était devenu. Mais il y était parvenu à force de persévérance et de principes. Voici quelques anecdotes pour connaître un peu mieux l’homme qui était derrière celui qu’on appelait l’«Homme au chapeau de paille », cet accessoire symbole de la simplicité et l’humilité qui le caractérisaient.

  1. Un bon nageur

Le jeune Albert aidait ses parents dans la vie au quotidien. Il pilait notamment le riz pour en faire du mokary que la famille vendait. Allant à l’école à Ambilobe, il rentrait dans son village natal tous les vendredis pour piler le riz. L’argent du mokary était utilisé pour les dépenses du quotidien. Durant les vacances, il pêchait en mer et vendait ses poissons pour l’achat des fournitures scolaires. « Une fois leur pirogue s’était retournée. Toutes les prises étaient tombées à l’eau. Il avait tout de même réussi à remettre l’embarcation à l’endroit. C’était un très bon nageur », raconte sa femme.

2. Mention très bien au baccalauréat

Albert Zafy avait poursuivi ses études au collège Paul Minault à Antananarivo. Particulièrement fort en mathématiques, il a eu son baccalauréat avec mention très bien et figurait parmi les premiers dans la capitale. En tant que fils de paysan, il avait tapé dans l’œil d’une influente association de parents qui lui a permis d’aller en France pour étudier les mathématiques à Montpelier.

3. Mathématicien

 avant d’être cardiologue C’est en mathématiques qu’il s’est inscrit en France. Au départ, l’idée était de terminer les études et de revenir au pays pour être professeur d’école. Mais, en cours de route, il s’est également inscrit en médecine. Seulement, cela n’avait pas plu à l’administration malgache qui lui a retiré sa bourse d’étude. Pour pouvoir vivre, il avait dû travailler à la poste la nuit. La journée, il allait en cours. Il a eu des diplômes dans les deux filières.

4. Montpelier-Paris en Lambreta

Un de ses amis, le professeur Mahazohasy, avait pitié de lui et en avait parlé à Norbert Zafimahova, l’oncle de celle qui sera sa femme, qui était à l’époque sénateur à Paris. « L’histoire a touché mon oncle qui a usé de son influence pour que sa bourse d’étude soit rétablie. On lui avait même payé les mois qui n’ont pas été versés pendant l’année universitaire », raconte Thérèse Zafy. Albert Zafy n’était pas au courant de cela lorsqu’il avait été convié à se rendre à Paris afin de rencontrer le sénateur. Il avait alors fait le chemin en Lambreta depuis Montpelier. « Il avait promis à Norbert Zafimahova de mener ses études à son terme. Mon oncle voyait en lui un jeune homme sérieux », indique sa femme.

5. Cinq années de séparation

 Thérèse Zafy a rencontré le professeur lorsqu’il était en quatrième année de médecine, lors de vacances à Paris, alors qu’elle habitait chez son oncle. Ils se sont mariés en France. Lorsqu’Albert Zafy avait terminé ses études de médecine, il avait destiné de poursuivre une spécialisation. Thérèse Zafy était revenue au pays alors qu’elle était enceinte de leur deuxième enfant. « Je lui ai dit que je m’occuperai de nos enfants et je l’ai encouragé à terminer ses études. Je suis retournée chez mes parents à Fianarantsoa. Mon père était chef de province là-bas », raconte-t-elle.

6. Professeur Christian Cabrol

 Le Professeur Christian Cabrol l’avait pris sous son aile. Albert Zafy avait fait des opérations avec ce célèbre cardiologue considéré comme le pionnier de la greffe du cœur en France.

7. Un cardiologue au grand cœur

 Lors de ses obsèques, un de ses anciens collègues à l’hôpital Befelatànana avait témoigné qu’il lui arrivait de donner de l’argent de sa poche à des familles qui ne pouvaient pas suivre le régime imposé après l’opération de leur proche. Sa femme raconte, par ailleurs, qu’Albert Zafy se portait parfois garant pour que des personnes en difficulté financière puissent se faire opérer. « Il déposait sa carte d’identité nationale à la pharmacie de l’hôpital pour faire sortir les médicaments nécessaires aux interventions », indique Thérèse Zafy

8. Des interventions chirurgicales en tournée présidentielle

 Un de ses gardes rapproché raconte qu’Albert Zafy effectuait des opérations lorsqu’il était Président de la République au détour d’une tournée. « On l’approchait lorsque des personnes avaient besoin d’être opéré. Il inspectait alors le bloc opératoire et si tout était OK, il effectuait les opérations. Il a notamment fait cela à Toliara, plusieurs fois à Ambanja et à Antsiranana ».

9 Albert Zafy, le fanorolahy (boxeur)

 « Il aimait le moraingy (boxe traditionnelle malgache). Il en avait fait durant ses années collège. Même lorsqu’il était Président, il en regardait à chaque fois que l’occasion se présentait », raconte sa femme amusée.

10. Le chapeau de paille

Le chapeau de paille faisait partie intégrante du personnage. Difficile d’imaginer maintenant Albert Zafy sans son chapeau. Mais comment lui est-ce venu ? « Une fois lors des manifestations des Forces vives à Ambohijatovo, une dame âgée lui avait donné un chapeau de paille parce qu’il faisait chaud. Il l’avait remerciée en lui disant que cela lui allait bien. Depuis, il en a toujours porté », se souvient Thérèse Zafy.

11 Sans rancune, aucune

 Le Professeur Albert Zafy avait été trahi à plusieurs reprises par ses amis en politique. Cela ne l’empêchait pas de les recevoir chez lui. « Je ne le supportais vraiment pas. Une fois, j’ai vu l’un d’eux dans notre salon alors que je rentrais de la messe. Je suis directement allée dans notre chambre. Il m’avait alors dit : « Tu m’embarrasses en te comportant ainsi ». Cela me faisait vraiment mal au cœur de voir comment certaines personnes le traitaient dans les médias mais cela ne semblait pas le toucher. Je lui en veux encore aujourd’hui pour cela (rires). Il a un cœur d’or mon mari. Cela m’étonne toujours d’ailleurs », raconte sa femme.

12. Réconciliation nationale

 Cela aura été son cheval de bataille jusqu’à sa mort. Serge Zafimahova, un proche collaborateur dans son cabinet à la Présidence, raconte qu’il embrassait l’idée de rassembler les Malgaches depuis son jeune âge. « Vers 1956-1957 quand il était en France, il était à la fois président de l’Association des étudiants d’origine malgache (AEOM) et de l’Association malgache des étudiants côtiers (AMEC). Il voulait unifier les deux associations ». Sa femme pense que cette cause qui lui tenait à cœur aura été son plus grand regret.

13. Argent rendu

 Lorsqu’il a été empêché par les députés en 1996, le Professeur Abert Zafy avait rendu l’argent des Fonds spéciaux qui lui étaient destinés en tant que président de la République au Trésor public, à la grande incompréhension de son entourage. « « Ne cherche pas à devenir riche car les gens aisés ne sont pas pleinement heureux », m’a-t-il dit une fois », raconte son garde rapproché.

Raha hizara hevitra

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